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RENSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIRES SUR L' ANNUAIRE  C
CARRE   DANIEL ( Loeiz Herrieu)

Pluvigner

 

Et nos abeilles ?... (2016)

Editions: brezhoneg.org:fr

https://www.brezhoneg.org/fr/maison-d-edition/catalogue-tir


Article paru à la sortie de l' ouvrage

D'après le journal Ouest France du 11.11.2016
Immersion dans la Grande Guerre à travers un livre de
Loeiz Herrieu (Traduction)

Après avoir fait paraître en 2014 Le tournant de la mort,
 le journal de guerre de Loeiz Herrieu,
 Daniel Carré publie la correspondance qu'il a entretenue avec sa femme,
 de 1914 à 1919.

Seule confidente, sa femme
L'ouvrage présente des caractéristiques qui excitent la curiosité. 
« Absolument pas le même témoignage que dans le journal », pose d'emblée l'auteur.
 Ces 617 lettres représentent en effet un éclairage très privé dans la mesure où elles n'ont qu'un seul destinataire, sa femme Louise.
 Et dire qu'elles ont failli terminer au feu si la curiosité de Daniel Carré ne leur avait donné une seconde jeunesse... 
« On y trouve des thèmes qu'on ne voit habituellement que dans des romans »,
 souligne Daniel.

Remplir le vide par l'écriture
Si Loeiz Herrieu s'est adonné à ce passe-temps de l'écriture,
c'est aussi parce qu'il s'ennuyait.
Dans son régiment, il n'avait pas d'amis.
 Sa femme devenant la seule oreille à son écoute, la nécessité d'écrire s'est imposée.

Au rythme d'une missive tous les 2 ou 3 jours.
 Avec cette discipline rédactionnelle qu'il s'impose, Loeiz Herrieu « se construit une forteresse intérieure »...
 Et comme beaucoup de soldats, c'est dans l'écriture et la lecture qu'il gagne ses seuls moments d'intimité.

Publication intégrale
Pour parvenir à ce but, de longues discussions avec les héritiers ont été nécessaires.
 Mais le livre tient là une valeur inestimable. La correspondance de Loeiz Herrieu est entièrement en breton ;
 « C'est unique », précise Daniel. L'intérêt linguistique est colossal mais pas seulement.
 A la fin des années 90, les héritiers ne souhaitaient pas tout révéler.
Mais le temps a fait son oeuvre ; l'an dernier, ils ont autorisé l'auteur à tout prendre.
 « C'est tellement beau ! » lui ont-ils déclaré. Beau aussi pour le lecteur qui se prend pour un vrai détective.

Un homme hors du commun
Pour sortir quelques cristaux de cette mine d'informations, Daniel Carré a choisi de faire paraître également une version française.
 « J'ai beaucoup travaillé sur la contextualisation », ajoute-t-il
. Pour guider le lecteur, une carte du réseau de relations et, dans chaque période,
 une page de présentation sur les événements et les points forts qui l'attendent.
 L'homme qui est révélé au fil des pages capte l'attention.
Ses écrits, aussi subtils que tranchants, lèvent des zones d'ombre.
 Pourquoi n'est-il jamais rentré en permission ?
 Qu'est-ce qui lui a permis de tenir ?
 « Quelqu'un qui ne revient jamais sur ses décisions », martèle Daniel.

Changer son postulat de lecteur
Aborder cet ouvrage avec la vision traditionnelle de la guerre risque d'entraîner des déboires.
 « Les gens seront déçus », annonce Daniel.
 Exit les baïonnettes et les tranchées, place à un homme qui apparaît sous les traits d'un témoin qui juge mais n'explique pas.
 « Révéler son courrier donne ainsi une autre lecture de la guerre », complète l'auteur.

Quant au titre, Et nos abeilles ?,
 il s'expliquera facilement. Loeiz Herrieu se souciait beaucoup de ses ruches
. Il plaçait ce monde naturel, qui est bon, en opposition à celui des hommes.
 Pendant son absence, ses abeilles ont continué leur travail, comme si la guerre n'était qu'une parenthèse.
 Aux lecteurs de s'accorder cette parenthèse lecture au sein d'un cercle très privé.

Et nos abeilles ?, disponible aux éditions TIR-Kuzul ar Brezhoneg (Lannion),
 à la Coop Breizh de Lorient ou chez l'auteur, 36, rue du Hirello.Prix:40€

Pour parachever la connaisance de cet ouvrage:
lire au besoin un  long entretien de l'Auteur par Fanny Chauffin pour Kerne Multimédia:
sur le site:
 https://abp.bzh/loeiz-herrieu-vu-par-d-carre-un-cadeau-aux-bretonnants-d-aujourd-hui--41542
 

Présentation  par l'Editeur

sur son site :a la page:
https://www.brezhoneg.org/fr/livres/et-nos-abeilles  
Après la parution du Tournant de la Mort, son journal de guerre,
 ce volume propose plus de 600 correspondances adressées par ce même Loeiz Herrieu (1879-1953) à Loeiza, son épouse.
 Parmi les milliards de lettres échangées durant la Grande Guerre,
celles du sergent L. Henrio — Loeiz Herrieu pour les brittophones —
 méritent, à plusieurs titres, une attention particulière.
 Elles constituent la plus volumineuse, la plus suivie des correspondances de guerre conduites en breton, la plupart des bretonnants rédigeant surtout en français.
 Elles sont la face intime absente du témoignage public tel que l’homme lui-même l’avait livré plusieurs années après la fin du conflit.
Daniel Carré, en fin connaisseur du monde de la Grande Guerre et de Loeiz Herrieu,
 donne ici la traduction de l’intégralité du courrier conservé ;
 un corpus impressionnant qui, mis en perspective et contextualisé (événements, personnes citées...),
 nous introduit dans l’univers de Loeiz et des siens.
 Des événements relatés dans le journal, le courrier ne livre que des échos.s...


L'auteur
  On découvre ici la famille, la gestion de l’exploitation à distance, le va-et-vient des nouvelles
 L’homme Henrio, en s’y dévoilant à son épouse dans une langue qu’il maîtrise parfaitement, nous apparaît en pleine lumière,
 au-delà de la pudeur et des attitudes convenues
. On y voit son sens du devoir, son amour des siens, son inébranlable volonté, la constance du chrétien...
On y suit surtout la mise en œuvre de la stratégie de la forteresse intérieure qu’il développe pour résister à l’univers de la guerre et survivre debout.
Une correspondance de guerre peu ordinaire publiée sous un titre — Et nos abeilles ?...
 — qui l’est tout aussi peu, mais qui résume l’une des principales préoccupations du Barde--
Laboureur exilé et soldat : pouvoir, à l’exemple des abeilles qui, au printemps et comme à l’appel du devoir,
 se remettent à l’ouvrage malgré la rudesse de l’hiver, reprendre son action en Bretagne.

Les textes bretons de ces lettres font l’objet d’un volume à part: Nag ar gwenan?...

.
 Eléments de biographie

Daniel Carré, professeur certifié de breton et d’histoire-géographie, (en retraite),
 a consacré sa thèse de doctorat à Louis Henrio — Loeiz Herrieu,
 un paysan breton dans la Grande Guerre.
Thèse soutenue en 1999  à l’université de Rennes 2,Haute-Bretagne .

 Il analyse la correspondance de Louis avec son épouse

  Depuis, Daniel Carré consacre l’essentiel de sa recherche à contextualiser
 et à livrer au public (publications, articles, conférences...)
les diverses facettes de l’œuvre de Loeiz Herrieu en lien avec la Grande Guerre.

 En 2017, il assure la présidence  de l'association
TI DOUAR ALRE (sise à Pluvigner)
Maison de la culture et de la langue bretonnes en pays d’Auray 
Ti Douar Alre fonctionne officiellement depuis début 2013.
. Son ambition est de fédérer les énergies (associations, individus…) pour promouvoir le patrimoine breton et proposer des animations en rapport avec lui tout au long de l’année :
 Bro Alré Gouil Bamdé (Un Automne Autrement), Gouel Breizh (Fête de la Bretagne), Sizhunvezh ar Brezhoneg, (Semaine du Breton), Mardis de la Dañs, Challenge Douar Alre, etc.


Autre ouvrage paru en 2014
https://www.brezhoneg.org/fr/livres/le-tournant-de-la-mort

Connaissance de l'Auteur

D'après l'article de  Virginie JAMIN.   du journal Ouest France du 19.11.2017

Daniel Carré, « passeur » de culture bretonne
 Président de la maison du pays d’Auray, ancien enseignant en lycée et collège,
Daniel Carré s’investit depuis quarante ans pour une culture en mouvement.

Fin des années 1970,le déclic.
 Daniel Carré se promène à Plouay, sa ville natale.
 Survient une rencontre avec une connaissance, un homme un peu plus âgé que son grand-père paternel.
 « On parle, on se dit au revoir en breton. Il part, se retourne, fait une remarque :
« Tu n’as pas oublié. Tu sais, après nous ce sera terminé. »
 Cela a été le déclic. J’ai regardé autour de moi, cette lignée à laquelle j’appartenais.
 Oublié le Lagarde et Michard. »
 Pour Daniel Carré,

 « le patrimoine est une affaire qui vient du cœur ».
 Président de Ti Douar Alré, maison du pays d’Auray qui fédère soixante-dix associations,
 Daniel Carré, 70 ans, est l’une des voix du breton, investi pour la transmission d’une culture en mouvement.
 Temps fort de l’année : le festival Un automne autrement, que coordonne cette maison de pays dynamique.
Concerts, danse, rencontres, balades, initiations au breton…
 Cette édition propose 220 rendez-vous, jusqu’au 24 novembre2017.

  Une enfance « heureuse ,
 " proche de la nature, sans télé, avec un seul livre, Le Petit Larousse, la radio et Ouest-France "
. Dans le foyer, breton et français, « cohabitent ».
 A 12 ans, le jeune garçon part en pension à Quimperlé.
Fait un an de fac à Brest, sans véritable orientation.
« J’ai perdu une année, glisse-t-il. Je me serais bien vu paysan, libraire ou alors enseignant. »
 Il entre dans l’enseignement catholique
 En 1970, de retour du service militaire, il devient instituteur suppléant à Auray, puis titulaire.

 « C’est ainsi que je suis arrivé à Auray. »
Un pays « formidable » où existe « une osmose entre la mer et la terre ».
 Avec « une vie culturelle bretonne qui n’est pas du folklore, qui vit, avance, se confronte ».
 Coupé du breton après son enfance, Daniel Carré s’en rapproche après cette rencontre avec un ancien, à Plouay.
Il suit trois ans de cours par correspondance.
Et s’inscrit en 1981 à la licence de breton, qui s’ouvre à Rennes :
 « Des années de découvertes magiques. Nous étions des centaines. C’était comme un rideau qu’on déchire.
 Comme un livre dont on retire la couverture transparente mais un peu floue, et qu’on découvre des faits, des lieux.
 L’ouverture vers un monde. Cela donnait du sens. »

 Il poursuit jusqu’au doctorat. « Un maillon » Daniel Carré passe le Capes, puis intègre le public.

L'enseignant
 Au lycée Dupuy-de-Lôme, à Lorient, il enseigne le breton et l’histoire-géographie en breton, jusqu’en 1999.
 Germaniste, il se mobilise aussi pour l’organisation d’échanges avec l’Allemagne.
 Il passe ensuite quatre ans au rectorat à Rennes, en charge de l’inspection pédagogique régionale de breton.

 Contes et légendes le passionnent.
Il se nourrit de lectures, se plonge dans l’histoire, notamment la période de la Grande Guerre.
 Il retient un enseignement : « Aucune certitude, jamais. Toujours chercher plus loin. »
 Sa Bretagne se situe « dans un mouvement ».
 Il évoque sa grand-mère chantant une mélodie, une autre personne livrant une version jazz actuelle et en… 2060,
 une suivante avec peut-être « des apports de l’Inde, de la Chine ».

 Un objectif pour le militant
 « On fait ce qu’on peut pour que, dans cinquante ans, on puisse toutes les entendre. »
 Avec la maison de pays et l’association Sten Kidna, dont il est membre depuis 1984,
 il s’agit de « mettre le plus possible » la langue bretonne « dans l’espace public », pour favoriser sa découverte et sa pratique.
Il poursuit :
« Je me vois comme un maillon, à un moment donné. Seul, je ne sers à rien. »
Dans le tissu associatif, « il existe des équipes formidables. J’ai toujours été dans des associations, car c’est la société.
 Les hommes et femmes qui font des choses, l’esprit citoyen. »

Ses loisirs
A ses heures de loisirs, Daniel Carré aime à jardiner, faire du vélo, se promener à pied.
 « J’aime être dans la campagne. Regarder, écouter. Cette solitude permet de réfléchir.
 Tu prends par exemple un chemin, des milliers de gens l’ont emprunté avant toi et d’autres suivront.
 Cela apprend la modestie, me permet de me situer dans une lignée.
 Tu n’es pas grand-chose. Un passeur, un élément du monde. »

Page réalisée le 29.12.2016 et actualisée le 16.12.2017.


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