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RENSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIRES SUR L' ANNUAIRE  C

COLLOC’H  Jean
Lorient
 LES LARMES DE PIERRE  (2.2019 )
Autoédité

Extraits

EXTRAIT COURT

« Nous ignorons les circonstances exactes de la disparition de madame Rioux. Des témoins rapportent qu’elle est tombée dans le canal près de la retenue de la minoterie Alain Guegen...» avait répondu le notaire Kerfelec. Après avoir encaissé l’uppercut de cette affreuse nouvelle, il avait entendu l’officier ministériel lui préciser :

«...Malgré un important dispositif de recherches, les autorités n’ont pas retrouvé le corps de votre ex-concubine, monsieur Le Strat. Voilà la vérité et j’en suis sincèrement navré pour vous...»

Accident ou pas ? Disparue ou décédée ? C’était son histoire.

Dès les premiers jours qui avaient succédé la visite chez ce notaire, le cerveau de Fanch s’était mis à mouliner. Comment se faisait-il que les gendarmes n’avaient pas retrouvé son corps ? Avaient-ils bien cherché seulement ?

Il y avait eu aussi ce mystérieux tableau. Une peinture à l’huile. Un auto-portrait de Catherine qui ressemblait à un testament sans cadavre. Un bien bel étrange héritage laissant un cocu qui n’avait aucune réponse à ses questions.

Catherine était-elle vivante ? Pour ce vieux routard du vice, il y avait beaucoup trop de zones d’ombre en suspens pour ne pas douter du bien-fondé de la décision du Tribunal de Grande Instance de Lorient.


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EXTRAIT LONG

Un sourire joua sur le visage du gros tatoué qui s’enroulait dans la couette, au bord du lit. Il caressa amoureusement la crête qui émergeait du sommet de son crâne rasé et son oeil se fit malicieux.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive prospect ? Oh Titi, tu as vu ? On dirait qu’il va faire dans son benne.

- Non. Non... C’est que je ne m’attendais pas à vous voir ici. Qu’est-ce qui se passe ? s’exclama-t-il d’une voix blanche.

- Ben, tu vas nous le dire. Tu n’as pas oublié quelque chose ?

- Euh ! Titi, tu parles de la fille ?

- Là, il se fout de nous, non ?

- Je crois qu’il essaie de nous blaser, fit le second en faisant mine de jouer de la flûte avec ses doigts.

- Voilà, je suis un peu en galère. I have not had time to , répondit-il, l’estomac en vrac par les relents de vodka qui lui remontaient en vagues successives.

- Merde ! Il n’a pas eu le temps ! On n’avait pas précisé qu’on la voulait avant les fêtes de Noël. C’est débile, hein ?

- Et nous qui débarquons comme des idiots, blagua Titi fixant un point invisible devant lui. L’Anglais cherchait une excuse valable. Si cet abruti de chauffard n’avait pas roulé sur son téléphone hier soir, rue saint Anne, il aurait passé ce coup de fil que les autres attendaient. Mais voilà, le temps de trouver un autre de rechange, d’installer la puce de son ancien Smartphone etc...il s’était aperçu que la batterie était déchargée.

- Vous avez raison. J’ai déconné. J’aurais du vous appeler mais mon phone est naze. Je l’ai fait tomber parterre et...Sorry.

- Ouais. C’est con, ce qu’il t’arrive. C’est vrai, Johnny n’a pas de bol. Il lui arrive toujours une merde.

- What ! Je te dis qu’un connard a roulé dessus ! Shiet ! Dans son dos, Titi le parigot jouait avec le clavier de son téléphone. Il venait d’avoir une idée. Soudain, dans la chambre vibra une sonnerie. Un frisson d’angoisse parcourut John qui n’osait bouger de son lit. C’était celle de son appareil en charge au pied de sa paillasse. Titi referma la coque de son appareil avec sa nonchalance coutumière. John ravala la bulle au goût amer qui remontait son oesophage. La tridulation du téléphone cessa.

- Tu vois le problème, c’est qu’on ne peut pas faire confiance à un bolosse comme toi.

Jojo lui coula un regard accusateur. Une intonation bizarre vibra dans sa voix quand il sortit la lame brillante dissimulée dans la jambe de son pantalon.

- Johnny, ça ne serait pas ton téléphone qui sonne par hasard ?

- Je vais t’expliquer Titi...

- Shut up, motherfucker! Ta gueule, fils de pute !

John retint son souffle, puis renifla bruyamment, honteux de son attitude de soumis.

- Sorry... Je ne suis pas tranquille avec ce cops. J’ai l’impression qu’il va me tomber sur le dos à chaque minute qui passe. S’il me retrouve, je retourne en prison.

- Tu ne vas pas commencer à faire ta pleureuse, T’as déjà oublié qu’on t’a tiré de ce fourgon de flics sur la route de Brest, l’autre jour ?

- J’ai mal au bide rien que de penser qu’on a à faire un ingrat. On va raconter quoi au boss ? fit Jojo le regard vide et impénétrable à son acolyte.

- Que le prospect est une tapette et nanani nanana

- Ouais, j’sais pas, répondit le Pawnee en esquissant un sourire cruel, tout en passant la lame du couteau sur le tissu de son pantalon jean.

Le britannique torse nu, ne bougeait pas. Ses sourcils se froncèrent soudain. Jojo s’était penché vers lui et scrutait le côté gauche de son buste. Une excroissance de chair perçait l’épiderme dans le creux de son épaule, rougeâtre à cet endroit précis.

- C’est quoi ton bout de pus ? Il ne te fait pas mal ?

- What ? demanda Smith, sans comprendre. Le Pawnee secoua la tête. Il ajouta son couteau et ré- péta le plus sérieusement du monde :

- Arrête de faire l’idiot, boy ! Je te demande si ton bout de pus...Attend, je vais t’arranger ce machin-là. Tu sentiras presque rien, mec.

Smith se mit à trembler quand les mains glacées du sergent d’armes le prirent à la gorge. Au même moment, la pointe fine et aiguisée comme un rasoir, s’enfonça pesamment dans le creux de son épaule gauche. Le pus jaunâtre gicla sur le drap. Une douleur insoutenable plissa les rides de son front et un gémissement s’échappa de ses lèvres sèches.

- Tu penses bien que ça ne nous fait pas marrer, fit remarquer Titi d’un air grave. Les yeux révulsés vrillèrent alors que John franchissait un nouveau palier dans la douleur.

Tirant la langue comme s’il s’appliquait, Jojo découpa grossièrement la peau pour enlever l’excroissance. La pointe creusa la chair, sans effort.

Triomphant, il extirpa le bouton de chair du bout de sa lame, laissant une profonde estafilade tout près de l’os, dégoulinante de sang. Le Pawnee contempla son oeuvre et d’une chiquenaude, éjecta le bout de viande dans le bac à vaisselle.

- Fais gaffe l’English ! Si tu laisses cette merde grossir, t’es sûr de te faire bouffer par le crabe.

- Putain, sérieux mec ! fit l’autre, jouant les admirateurs. Il ria niaisement et reprit moqueusement.

- J’savais pas que t’étais toubib en plus, Jo.

- T’es con Titi. Je dépanne seulement les copains.

 

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Page réalisée le 21.01.2020

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