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RENSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIRES SUR L' ANNUAIRE     M

    MOAL LAURENCE
Beganne Brest  ?
DU  GUESCLIN Images  et  histoire (13.11.2016 )
Presses universitaires de Rennes

www.pur-editions.fr

Article paru à la sortie de son ouvrage

 (Article du Télégramme du  30.11.2016 )
Entretien
 
« Ce qui m'intéressait n'était pas de faire une biographie mais de comprendre
 comment un personnage historique devient une légende »,
indique Laurence Moal :
Enluminures, statues, tableaux, spectacles, films, bandes dessinées...
Depuis sa mort, à la fin du XIVe siècle, Du Guesclin a inspiré une iconographie pléthorique.

 Professeur d'histoire à Brest, la médiéviste Laurence Moal se penche sur cette figure,
 qui a autant servi la royauté que la république.
Assez laid, petit, bouffi, plutôt massif et, qui plus est, doté d'un tempérament de rustre du genre brutal.
 Si un DRH (entendez directeur des ressources historiques) du temps jadis avait eu à choisir un héros pour la postérité, il n'est pas certain qu'il aurait jeté son dévolu sur ce gaillard,
 né vers 1320 dans le château, aujourd'hui disparu de La Motte-Broons,
 dans la commune de Broons (22), et mort un vendredi 13 de l'an 1380
 
. Et pourtant, Bertrand Du Guesclin, car c'est de lui qu'il s'agit, est, avec Vercingétorix, Charlemagne ou encore Jeanne d'Arc,
 un de ces héros nationaux, apparemment inoxydables, qui ont traversé les siècles de manière avantageuse
 L'image du connétable de France, dont la statue équestre est une curiosité dinannaise
a même pris du galon au fil des siècles comme l'explique l'historienne brestoise Laurence Moal dans son livre
 « Du Guesclin, images et histoire » paru aux Presses universitaires de Rennes.

De l'histoire à la légende
« Je n'avais pas d'attirance particulière pour cette figure, à la fois populaire et polémique.
 Il a été considéré comme un traître à la cause de l'indépendance bretonne et
les gens du sud-ouest n'ont guère apprécié ses raids meurtriers.
Ce qui m'intéressait n'était pas de faire une biographie mais de comprendre comment un personnage historique devient une légende »,
explique la médiéviste.
 Pour le mesurer, elle a, pendant deux ans, exploré la grande diversité de l'iconographie entourant Du Guesclin,
 depuis les enluminures du XIVe siècle jusqu'aux représentations des peintres troubadours sous la Restauration,
en passant par des boîtes de camembert ou une abondante production de bande dessinée hautement hagiographique.
 Les 274 images du livre témoignent de cette profuse diversité.

Le masque mortuaire
« En fait, la légende de Du Guesclin commence vraiment en 1397,
avec le masque mortuaire qui orne son gisant à la basilique de Saint-Denis.
 En demandant le retour à Paris des ossements du chevalier, le roi de France fait un acte politique et
 récupère cette mort à son profit »,
souligne Laurence Moal.
 La figure du gisant, première et seule « vraie » représentation de Du Guesclin, sera copiée tant que tant et
jouera un rôle essentiel dans l'élaboration d'un mythe qui a servi longtemps les intérêts de la royauté.
 Rien que de très normal.
 La pérennité de ce personnage, au-delà de la Révolution de 1789 et surtout son utilisation durant la Troisième République,
 posent beaucoup plus de questions

Un personnage « républicanisé »
Selon l'auteur du livre, il s'agit « d'une construction idéologique qui date du choc de la défaite des Français contre la Prusse en 1871.
 Le gouvernement demande à l'école des Chartes de créer un récit ou un roman national pour recentrer l'histoire autour des grands héros du passé.
 De Déroulède au Maréchal Foch, le patriotisme va s'en emparer ».

 Cette floraison de statues de Du Guesclin dans tout le pays ne fait cependant pas toujours l'unanimité.
 En Bretagne, le FLB (Front de libération de la Bretagne) s'en expliquera à sa manière, le 9 février 1977,
en faisant sauter la statue que Francis Guinard avait conçue pour Dinan.
« Quand on reconstruit le passé, ce n'est jamais à l'identique et jamais de façon anodine. Si on étudie les commémorations,
si on regarde les manuels scolaires, on est confronté en permanence à la manipulation de l'histoire.
 C'est un aspect important du livre, l'autre étant aussi de montrer ce que les images disent de la société qui les produisait »,
 commente Laurence Moal
 en prenant l'exemple du film « Du Guesclin » de Bertrand Latour (1948) avec Fernand Gravey dans le rôle.
 « Au cours d'une scène de champ de bataille, j'ai été frappée de voir des corps allongés de manière très crue
. Et il m'est apparu évident que ce film, écrit par Roger Vercel, témoin de la guerre 14-18, ne parlait pas du Moyen Âge
mais des tranchées, et peut-être des camps de concentration, de la Résistance et de la Libération ».
 En reliant Charles de Blois et Charles de Gaulle, à six siècles de distance,
 Du Guesclin réalise ainsi ce qui n'est pas le plus mince de ses exploits historiques...
Recueilli  par William Blanc.


Présentation par l'Editeur

Si son souvenir en Bretagne, sa patrie d'origine, reste controversé
 Bertrand du Guesclin occupe une place privilégiée parmi les héros du "panthéon" national.
 Il incarne ce Moyen Age imaginé et rêvé qui continue de fasciner petits et grands.
 Née à la fin du XIVe siècle, la légende du guerrier s'incarne à travers une profusion d'images, jamais innocentes.
 D'un genre à l'autre, elles témoignent d'une appropriation du mythe construit à partir de la chanson de geste de Cuvelier, composée après la mort du connétable de France en 1380.
Souvent figées (enluminures, peintures, gravures, statues, dessins, bandes dessinées)
 ou animées (cinéma), parfois de manière éphémère (théâtre, reconstitutions historiques),
 elles sont autant de supports qui permettent de suivre la mémoire du personnage historique à travers les âges
 
Si certaines de ces oeuvres sont très connues, d'autres sont oubliées ou même inconnues.
 Loin d'être de simples représentations, ces images permettent de mesurer la manière
 dont évolue la perception de du Guesclin à travers les siècles
 et comment se construit
un imaginaire collectif. Il ne s'agit donc pas ici d'une nouvelle biographie de du Guesclin


 L'Auteure

 .  mais d'une étude sur les liens entre l'image (la représentation) et les images (les supports iconographiques).
 A travers la glorification ou le rejet de du Guesclin, que montre-t-on de la société, des valeurs du temps ?
 Comment détourne-t-on le passé à des fins commerciales ou idéologiques ?
 Véritable passerelle entre art, patrimoine et histoire, ces images portent la signature d'une époque et d'une mentalité.
 Elles révèlent finalement l'extraordinaire modernité du Moyen Age.
Prix de l'ouvrage 35€


LIEN(S) à consulter au besoin:
- Un interview de
 William Blanc sur le site d'Histoire Médiévale.
http://www.him-mag.com/du_guesclin_interview_laurence_moal/

- Un avis détaillé  de l'ouvrage sur le site :
http://www.gregoiredetours.fr/moyen-age/bas-moyen-age/laurence-moal-du-guesclin-images-et-histoire


Autres renseignements sur l'auteur et ses ouvrages précédents 



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