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RENSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIRES SUR L' ANNUAIRE    P

      PONTHUS  JOSEPH
Lorient
A la ligne: Feuillets d'usine ( 3.01.2019)
Editions de La table Ronde

https://www.editionslatableronde.fr/

Découverte de l'Auteur par un article de presse

D'après l'article de Loïc Tissot. du journal Ouest France du 17.01.2019

Il connaît tous les numéros de vertèbres, le froid, les odeurs de viscères.
 Dans À la ligne : feuillets d’usine,
 l’ouvrier intérimaire passé par une classe préparatoire littéraire,
 raconte ses journées de travail dans des conserveries de poissons et
 des abattoirs bretons.
 Il y a le mal de dos, la fatigue, la joie aussi de ne pas y laisser corps et âme…

De Nanterre à Lorient
Aux crevettes ou au cochon,
Joseph Ponthus raconte « Et patatras, l’amour. »
 Elle s’appelle Krystel. Une habitante de l’île d’Houat (Morbihan).
 C’est elle qui le décroche de son rocher à lui, Nanterre, en région parisienne.
 Joseph Ponthus, quadra à la barbe rousse, pipe au bec,
 quitte son boulot d’éducateur spécialisé.
 Son quotidien.
Et débarque avec son épouse à Lorient, « un port qui n’a pas oublié qu’il en est un »
. Et puis, à un moment, il faut bien croûter.
 Marre de traîner dans le canapé. Il ne trouve pas de travail dans sa branche.
 À l’agence d’intérim, on lui propose l’agroalimentaire.
 L’agro, comme on dit. Un fleuron de l’industrie bretonne
. C’est là que ça embauche
. Alors, il y va. Il est bien loin de sa Champagne natale et de ses vignes
. « Bien sûr, j’imaginais l’odeur, le froid, le
transport de charges lourdes, la pénibilité, les conditions de travail, la chaîne, l’esclavage moderne. »

 

 Pendant deux ans et demi,
 il enchaîne les missions : aux crevettes, au cochon.
 Dans les conserveries de poissons, il est dépoteur de chimères, de grenadiers, égoutteur de tofu.
 Ne lui parlez plus de bulots :
 des « odeurs de mort, de rat crevé, de vase, de pisse et de mauvais vin, mélangées, macérées, imbibées. »
Il finit quand même par s’y habituer.
Lui, l’opérateur de production intérimaire, pense à son cher Apollinaire :
 « C’est fantastique tout ce qu’on peut supporter. »

Joseph Ponthus va également à l’abattoir.
 À l’atelier de découpe de porc, il nettoie
 « des lambeaux de cochon, partout et pas que des lambeaux, des groins, des travers, des pieds et du gras de cochon si caractéristique. »
 Il fait au mieux,
« bouffe du sang au sens propre, projections et contrecoups du jet haute pression ».

 Il s’accroche. À quoi ? Comment tenir ? Voilà la vraie question.
« J’ai vu des doigts coupés, des jambes sciées. J’ai vu du travail comme je ne l’imaginais pas. »
 Et pourtant il tient, quand il voit tant « de marmules trapues ne pas revenir après la pause ».
 Pour lui, autant qu’un rapport au corps, – il ne savait pas qu’on pouvait pleurer de fatigue –
 c’est un rapport au temps qui se joue à l’usine.
 Avec des journées
 « qui sont éternellement les mêmes. Là-bas, tu regardes toujours les horloges, alors qu’elles sont les ennemies absolues,
 pires que les chefs. »
Joseph Ponthus, échalas d’1,97 mètre cultive son côté anar, trimballe sa longue carcasse.
 Le corps souffre, « à connaître tous les numéros de vertèbres », mais l’âme ne rompt pas.

 Fiers de nourrir les autres Pourquoi ?
 « C’est comme ça », pourrait-il répondre. Pas le choix. Lui, le lettré qui a fait khâgne et hypokhâgne,
 a la plume, les mots, la littérature qui l’a sauvé « du monstre qu’est l’usine », où en 2019,
 des syndicats se battent encore « pour que la pause pipi ne soit pas imposée par le patronat »

 Il tient grâce aux siens,
sa chère épouse, Pok Pok le chien qu’il faut balader,
 Alexandre Dumas, Charles Trenet et ses chansons.
 Les pensées qu’il consigne, c’est son acte de résistance
. Elles prennent le rythme de la ligne de production qui, jamais « ne doit s’arrêter. »
 C’est vif, c’est percutant, dur et drôle parfois quand il décrit son « road tripes ».
 C’est de la poésie ouvrière des temps modernes.
 Il ne faut pas se tromper
 Il n’est pas allé à l’usine pour observer « le peuple des abattoirs » « conscientiser » tout ça et mettre un point final à l’expérience,

Joseph Ponthus dédicace son livre
« aux prolétaires de tous les pays, aux illettrés et aux sans dents avec lesquels j’ai tant appris, ri, souffert et travaillé

« Quand je rentrais à la maison, je savais que j’allais y retourner. »

 Au turbin.
 Quitte à avoir le blues du dimanche, la « dimanchite » : c’est un boulot (agro) alimentaire.

 Les feuillets d’usine
de Joseph Ponthus sont un « récit sur le déclassement social ».
 Où l’auteur ne noircit pas le tableau. Il y a aussi « une noblesse ».
 Il faut la chercher dans les hommes trop souvent réduits à deux bras, des muscles en action, « le reste on s’en fout ».
 « Ce sont des gens qui ne se plaignent pas. Fiers de faire quelque chose qui nourrit les autres… »
 Il a fait lire son bouquin à ses collègues.
« C’est ça, t’as raison », ils lui ont dit.
 Son ouvrage, il le dédicace « aux prolétaires de tous les pays, aux illettrés et aux sans dents avec lesquels j’ai tant appris, ri, souffert et travaillé. »
 Il le regrette amèrement : « Il n’y a plus de conscience de la classe ouvrière. »
Pour l’heure, Joseph Ponthus a quitté le « bulot ». Il chôme.
 Plutôt, il défend son livre.. Texte : Loïc TISSOT. Photo : Thierry CREUX.

Point. À la ligne : feuillets d’usine, éditions de la Table ronde, 266 pages, 18 €.

 
 
Présentation  par l'Editeur

 

 

Sur ce site :Editions de La Table Ronde
https://www.editionslatableronde.fr/
À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus.
 C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.
 Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne,
 le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants,
 la souffrance du corps
 Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie.
 Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas,
 il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet.
 C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène.

 Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée,
 le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle,
 la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

D'après un photo de Thiérry Creux (O F )

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LIRE :
- UN EXTRAIT à la page:

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F474128.js&oid=32&c=&m=&l=&r=&f=pdf

- Le coup de coeur d'Anaïs de la librairie Mollat à la page:
https://www.mollat.com/livres/2289565/joseph-ponthus-a-la-ligne-feuillets-d-usine


Page réalisée le 20.01.2019

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