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RENSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIRES SUR L' ANNUAIRE    T

        TRANCOEN  HELENE
Vannes
On mange quoi ce soir ? (18.09.2014 )

Editions La boîte à Pandore
http://laboiteapandore.fr/


Article paru à la sortie de son ouvrage

 (Article Ouest France du 23.10.2014  de Isabelle JOHANCIK.

Hélène Trancoen, 25 ans, vient de publier son livre "On mange quoi ce soir ? Les pêchés mignons de l'anorexie",
dans lequel elle raconte les quatre ans qu'elle a passé dans la maladie : l'anorexie.
Hélène Trancoen, jeune femme de 25 ans, est bientôt maman.
 Mais durant quatre ans, elle a dérivé dans les affres d'une maladie qui a bien failli la tuer : l'anorexie.

Elle est épanouie, cette femme de 25 ans qui vient de publier .
. À la voir, qui se douterait qu'elle revient de loin ?
« Deux ans à vivre cachée, en huis clos avec moi-même. Quatre ans plongée dans la maladie : l'anorexie.»

Ère du paraître
20 ans, elle part suivre des études à Lyon, « une ville où toutes les femmes sont très minces. »
 Elle sent monter une petite peur sourde en elle.
 « Je voulais être comme tout le monde, comme les filles des magazines, ne pas sortir du moule.
 Cette ère du paraître est une notion très nocive. »

 
Quand la frontière s'est-elle diluée entre minceur et maladie ?
 « Difficile à dire. Je voulais être plus mince, j'ai mangé de moins en moins, trié, éliminé des choses de mon alimentation.
 Je trouvais écoeurant de voir les autres manger. »
 La maladie prend ses aises, mais « je ne m'en rendais pas compte. Je pensais maîtriser mon corps. »

"Beaucoup pensent que l'anorexie est un caprice"
Désormais sa vie ne tourne qu'autour de la cuvette des toilettes au rythme des vomissements du peu de nourriture qu'elle se force à avaler pour survivre.
 Le regard des autres est cruel, ceux qu'elle pensait être ses amis quittent le navire.
 Beaucoup « pensaient que l'anorexie est un caprice, que j'étais folle ».
Dans ce brouillard tissé de rejet et de solitude, ses parents sont un phare, et la forcent à rentrer à Vannes.
 « Ils ne pouvaient rien faire, mais ils étaient une présence stable et rassurante. »

Six hospitalisations
Hélène Trancoen endurera six hospitalisations : à 35 kilos, elle était entre la vie et la mort.
 Au vitriol, elle dépeint un milieu médical « inadapté. On nous enferme alors qu'on est déjà enfermé !
 On nous rentre dedans comme si on était des menteuses. Il faut plutôt nous encourager. »

Elle plaide pour l'approche canadienne qui laisse l'anorexique vouloir reprendre des kilos dans un environnement médical ouvert et accueillant.
 Et surtout « il faut un suivi psychologique, faire un travail sur soi ».
 Il n'y a pas non plus de groupes de paroles pour les malades, « à Vannes, uniquement pour les parents et les proches ».

Réapprendre à manger
Après cette descente aux enfers, le déclic. « Assez de cette vie autour de la cuvette. 20 ans, c'est le bel âge normalement.
 La petite fille sage était en colère pour la première fois ! »

Elle veut réapprendre à manger mais « je ne savais pas comment faire
. Je n'avais plus aucun contrôle sur moi-même, mon psychisme me dictait sa loi, je voulais m'alimenter mais je vomissais tout. »
 Durant deux mois, c'est échec sur échec.
Elle s'accroche. Et vient le miracle à force d'envie de vivre.
 Kilo après kilo, elle quitte la maladie
. Et retrouve un ami, papa de son enfant à venir.
 Aujourd'hui, le plaisir de manger est revenu, « mais je ne suis pas totalement sereine. Il faut que je me blinde encore ».

Un livre au ton décalé
Alors même qu'elle est grignotée par la maladie, elle écrivait les premières pages de son livre.
 Quatre maisons d'édition sur les sept qu'elle a démarchées, ont retenu son manuscrit.
 « Elles ont aimé mon ton piquant. Il existe beaucoup de livres sur le sujet, mais pas sur ce ton décalé.
 L'important est de livrer un message d'espoir : on peut s'en sortir et on n'est jamais seuls dans la maladie. »

On mange quoi ce soir ? Les péchés mignons de l'anorexie, aux éditions La boîte à Pandore, 13 €.
Isabelle JOHANCIK.

Petite  bibliographie
Arrivée à l'âge adulte, brutal basculement vers l'anorexie.
 Une maladie taboue, dont on ne peut définir précisément les origines.
Une maladie qui doit être traitée au cas par cas et j'en suis un.
 A 19 ans je me découvre boderline culinaire, je porte en moi l'anorexie,
et c'est elle qui me portera et dictera mes choix pendant plus de deux ans

 Un an après....Entretien avec l'auteur

 (Article Ouest France du 03.01.2016  de Isabelle JOHANCIK

Elle a réussi à tourner la page de l'anorexie.

 Il y a un an, son livre témoignage paraissait.
 Depuis elle a donné la vie et s'épanouit, mais reste vigilante.
Elle a 26 ans, une petite fille de treize mois, une vie de femme et de famille épanouie.
 « Je n'en reviens pas. Je viens du néant et j'ai une super vie aujourd'hui »,
 glisse Hélène Trancoen, dans un sourire.

Une douce vie comparée au cauchemar qui l'a grignotée, comparée à l'anorexie qui l'a dévorée trois années durant.
 Mais elle avait quand même trouvé la force d'écrire un livre témoignage.
Nous l'avions rencontrée deux semaines après la parution.
« Je n'aurai les chiffres de ventes que fin décembre, soupire-t-elle.
 Mais ils m'ont dit que c'était plutôt satisfaisant. »


 .
 Par contre, l'éditeur lui transmet les courriels de lecteurs.
 « Des parents, rarement des jeunes malades. Ils me remercient pour l'espoir que je donne que leur enfant retrouve la joie de vivre. »

« Ma fille adore manger ! »
Elle a été touchée, aussi, alors qu'elle donnait une conférence à Vannes avec Allô anorexie boulimie, en septembre,
 par les paroles d'un papa. « Il avait acheté mon livre pour sa fille. Il ne la force pas à le lire. Il attend qu'elle soit prête. »
 Elle remarque que « de plus en plus de parents se renseignent. Des groupes se créent.
 Je réalise combien ça a été dur pour ma famille ! »

Depuis qu'elle a tourné la page de l'anorexie,
« on communique davantage en famille. Ma maman est un radar, elle est autour de moi, à guetter des signes !
 Mais je la comprends maintenant que j'ai un enfant. »

Sa fille.
 Elle lui consacre tout son temps et
 « je suis hyperfière : elle adore manger ! Ça me rassure parce que je me suis demandée si la maladie avait eu un impact sur elle.
 J'ai été un peu perturbée quand j'ai commencé à allaiter, que ce corps que je refusais de nourrir donne à manger.
 Le corps est miraculeux, il se régénère, il porte la vie. »

Même si l'anorexie n'est pas génétique, elle redoute parfois que sa fragilité se transmette,
 « l'anorexie, on n'en guérit pas. Ça reste en vous. »
Hélène Trancoen est une femme de 26 ans, solide comme un roc, joyeuse et impétueuse.
 Elle a eu la force de vaincre la maladie et reconnaît les premiers signaux d'alarme.
 Elle a besoin d'un cadre alimentaire strict, d'horaires, de rituels.
 « Je n'ai pas une alimentation déculpabilisée. Quand quelque chose ne va pas, ça se reporte directement sur la nourriture.
 Mais comme je suis morte avant de vivre, je me ressaisis vite et je pense à ma fille. »

Amnésique de pans de vie
Hélène sent qu'elle a enfoui beaucoup de choses, des pans entiers de vie de souffrance.
 « Je suis amnésique de périodes de ma vie. C'est flippant de constater que je n'étais plus maître de moi-même. »
Mais elle voit la vie en rose, cherche du travail et imagine son avenir avec un sourire même si
« sur un CV, un trou de trois ans, ça se voit ».

Sa maison d'édition,
 La boîte à Pandore, lui demande de temps à autre si elle écrit, si elle imagine une suite à On mange quoi ce soir ? Les péchés mignons de l'anorexie.
 « Oui j'écris, mais je n'ai pas envie de quelque chose d'autobiographique. Ça viendra. »
 Et alors, ce trou de trois ans dans sa vie, sera peut-être le creuset d'une vie d'écriture.
Isabelle JOHANCIK.

Page réalisée le 31.01.2016

  
 

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